Rock'n'Roll tome 1 : Salauds de baby-boomers
Plate-forme : Bande Dessinée
Date de sortie : 11 Mars 2026
Résumé | Test Complet
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Genre :
Bande dessinée
Multijoueur :
Non
Jouable via Internet :
Non
Test par

Redaction


8/10

Scénario et dessin : Baru

Avec l'énergie brute qu'on lui connaît, l'auteur de Bella Ciao et des Années Spoutnik signe un premier opus (sur deux prévus) qui fusionne autobiographie, fiction et mythologie électrique. L'intention de Baru est claire dès la citation d'ouverture : « Le rock’n’roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ». À travers sept récits indépendants mais intimement liés par le même cordon ombilical (les amplis poussés à 11), l'auteur revisite le mythe de la jeunesse des baby-boomers. Loin des clichés actuels sur les "vieux d'aujourd'hui", Baru rappelle aux nouvelles générations que les boomers ont été des jeunes révoltés, agités, bercés par une révolution sonore qui a tout emporté sur son passage. L'album alterne entre la Lorraine ouvrière de son adolescence et des fictions picaresques à l'autre bout du monde. On y croise des anecdotes savoureuses et improbables. Tout d'abord, le concert manqué de Johnny : Le 17 octobre 1966, le Comité des fêtes de Villerupt (le bled d'adolescence de l'auteur) rate les négociations pour faire venir Johnny Hallyday. Faute de mieux, ils se rabattent sur un jeune guitariste américain totalement inconnu au bataillon. Son nom ? Un certain Jimi Hendrix, venu jouer Hey Joe. Puis vient le "Suicide Club" : L'histoire d'un fan absolu des Rolling Stones qui, par une ironie du sort poisseuse, réussit l'exploit de rater leurs concerts non pas une, ni deux, mais quatre fois de suite. Enfin, le miracle de Beyrouth est une plongée à la fin des années 80 en pleine guerre du Liban, où la musique des Stones (et le tube Satisfaction) va, contre toute attente, sauver les poules du vieux Mustapha. Il y aussi quelques autres instantanés électriques baptisés Fever, For your love ou encore Skaï.

Baru excelle dans l'art de la chronique sociale. Ce qui rend l'album passionnant, c'est ce pas de côté permanent entre le vécu personnel de l'auteur et la fiction pure. Le ton est léger, teinté d'une autodérision mordante (le fameux "Quel con !" qui résonne après un rendez-vous manqué avec l'histoire). L'écriture est fluide, et l'on sourit franchement face à ces tranches de vie où la musique n'est pas un simple fond sonore, mais le moteur principal des existences, un carburant politique et social. Visuellement, l’album est un régal pour les amateurs du style Baru. Son trait semi-caricatural, ultra-expressif et dynamique colle parfaitement à l'urgence du rock. L'utilisation de l'encre et de superbes lavis/aquarelles donne une atmosphère organique aux planches. On ressent le bitume de Villerupt, la poussière de Beyrouth et la sueur des salles de concert. Les corps bougent, les visages s'exclament, et le découpage laisse la liberté nécessaire à l'auteur pour étirer ses scènes au rythme des morceaux évoqués. C'est un album qui fait du bien, qui se lit le sourire aux lèvres et qui donne immédiatement envie de ressortir ses vieux vinyles ou de lancer une playlist de l'époque. Qu'elles soient vraies, romancées ou purement fictives, les histoires capturent parfaitement "l'esprit" d'une époque de tous les possibles. Baru montre avec malice que derrière les "salauds de baby-boomers" d'aujourd'hui se cachent ceux qui ont pris de plein fouet l'explosion de la culture jeune et de la guitare électrique.

VERDICT

-

Avec Rock’n’Roll – Salauds de baby-boomers, Baru livre une œuvre intime et collective, portée par une mise en scène graphique impeccable et un amour indéfectible pour la musique électrique. C'est un magnifique hommage à une génération et à un genre musical qui a changé la face du monde.

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