Pym et la forêt éternelle tome 1 : La nuit des hurleurs
Plate-forme : Bande Dessinée
Date de sortie : 06 Février 2026
Résumé | Test Complet
Editeur :
Développeur :
Genre :
Bande dessinée
Multijoueur :
Non
Jouable via Internet :
Non
Test par

Redaction


8/10

Scénario :  Fuat Erkol
Dessin : Clémentine Bouvier

L'histoire s'ouvre sur le quotidien de Pym, un jeune garçon vif et curieux, qui vit isolé du reste du monde au milieu d'une clairière. Sa vie est rythmée par la présence de sa grand-mère protectrice, Rose, et de deux compagnons pour le moins atypiques : Ned, un hibou bavard et un brin cynique qui ne sait pas voler, et Hector, un cheval bipède taciturne vêtu d'un pantalon. Pym rêve de liberté, de chevaliers et de découvrir la grande cité de Windhill. Malheureusement, la clairière est encerclée par une forêt éternelle hautement hostile, habitée par les Hurleurs. Ces créatures féroces terrifient quiconque tente de s'approcher des arbres et ont le pouvoir de prendre l'apparence humaine en se nourrissant des souvenirs de ceux qu'elles croisent. Pour tromper l'ennui et la frustration de son petit-fils, la grand-mère lui raconte l'histoire de Lisbeth, une boulangère aux pouvoirs magiques interdits par les lois d'un nouveau Roi. Mais alors qu'un mystérieux appel à l'aide retentit dans les bois, Pym brise les règles et s'enfonce dans les fourrés, loin de se douter que les contes de sa mamie cachent de lourds secrets qui le touchent directement.

Le travail graphique de Clémentine Bouvier est l’un des très grands points forts de cet album de 64 pages. Le dessin est tout en douceur, idéal pour le public jeunesse mais tout aussi plaisant pour les adultes. Le design des personnages est extrêmement réussi, notamment celui d'Hector le cheval bipède (un vrai défi d'anatomie cartoon relevé haut la main) et de Ned, le hibou râleur qui rappelle affectueusement le Archimède de Disney. La colorisation propose un contraste saisissant et très narratif. Les scènes de journée dans la clairière baignent dans un halo de lumière chaleureux, idyllique et rassurant. À l'inverse, dès que la nuit tombe ou que la forêt s'impose, l'atmosphère devient oppressante, exploitant des teintes sombres et bleutées qui matérialisent parfaitement le danger des Hurleurs. De son côté, Fuat Erkol construit un récit d’apprentissage classique mais mené de main de maître. Sous couvert d’un conte fantastique, l'album aborde avec finesse plusieurs thématiques. Il y a tout d'abord la surprotection parentale et le mensonge (La grand-mère Rose utilise les légendes pour masquer un passé douloureux et des origines complexes qu'elle refuse de révéler à Pym pour le "protéger), la soif d'émancipation (Pym incarne parfaitement cette barrière invisible de l'horizon que chaque enfant souhaite un jour franchir pour se confronter au monde réel, quitte à désobéir), puis vient la critique politique sous-jacente : L'univers dépeint en toile de fond (notamment via les récits de Rose) montre une société inégalitaire où la magie est proscrite pour le peuple par l'élite royale, posant les bases d'un futur contexte de révolte ou de quête de justice.

VERDICT

-

"La nuit des hurleurs" est un album introductif solide, qui prend le temps de poser son cadre, de nouer des relations d'amitié fortes et d'installer ses mystères. L'action et la véritable aventure ne décollent véritablement qu'à la toute fin, créant une tension dramatique qui donne immédiatement envie de se jeter sur la suite.

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