Ace of Diamond tome 7
Plate-forme : Bande Dessinée
Date de sortie : 20 Mai 2026
Résumé | Test Complet
Editeur :
Développeur :
Genre :
Bande dessinée
Multijoueur :
Non
Jouable via Internet :
Non
Test par

Redaction


8/10

Scénario et dessin : Yuji Terajima

Ace of Diamond (Daiya no A) est une série en quarante-sept tomes disponible au Japon aux éditions Kodansha, cette édition française compile deux volumes en un. Une suite a vu le jour (Daiya no Ace- Act II) en trente-quatre tomes. Eijun Sawamura avait à cœur de remporter le championnat national de baseball des collèges. Mais son équipe est éliminée à cause d'un lancer sauvage lancé par Eijun lui-même. Il prévoit d'aller au lycée avec ses coéquipiers et de réessayer l'année prochaine lorsqu'il sera repéré par la célèbre équipe de baseball du lycée Seido. Lorsqu'il se rend sur le campus, il se retrouve à subir un baptême du feu ! Son expérience de formation d'une batterie avec le receveur prometteur Miyuki ravive sa passion pour le baseball.

Le tome 7 de Ace of Diamond est toujours aussi addictif. Bien sûr, il y a ici du baseball, de la stratégie, de la tension sur chaque lancer et toute la mécanique propre au duel entre lanceur et batteur. Mais derrière cela, Yuji Terajima livre surtout un tome sur la confrontation avec ses limites et sur cette vérité parfois brutale dans le sport de haut niveau : faire de son mieux ne garantit absolument pas la victoire. Ce quart de finale contre Yakushi marque un tournant émotionnel important dans la série parce qu’il met fin, d’une certaine manière, à une certaine innocence. L’ambiance générale du volume est électrique mais profondément nerveuse. Ace of Diamond joue ici quelque chose d’inconfortable : la sensation que le match échappe lentement aux personnages. Au début du tome, l’entrée de Sawamura apporte un nouvel élan. Il casse le rythme adverse, retrouve une dynamique, impose sa personnalité sur le terrain. On sent cette montée d’adrénaline propre aux moments où un joueur secondaire saisit enfin sa chance. Puis progressivement, l’arrivée de Sanada change complètement la température du récit. Le match devient plus froid, plus calculé. L’espoir commence à se heurter à la réalité du niveau adverse. Et c’est là que Terajima excelle : il installe cette impression terrible qu’un match peut basculer non parce qu’on joue mal, mais simplement parce que quelqu’un d’en face joue mieux. Graphiquement, c'est toujours aussi réussi. Le trait n’est pas spectaculaire au sens traditionnel du shonen sportif moderne. Il ne cherche pas les poses impossibles ni les doubles pages ultra stylisées. En revanche, il possède une compréhension exceptionnelle du mouvement et surtout du rythme. Les actions semblent vivantes. Chaque lancer possède une intention différente, chaque frappe paraît avoir un poids particulier. Ce qui impressionne surtout ici, c’est sa capacité à raconter la pression psychologique à travers le dessin. Les regards deviennent plus lourds, les silences entre les échanges s’allongent, certains cadrages resserrés donnent presque l’impression que les personnages manquent d’air. Sawamura est évidemment au centre de tout. Ce qui rend ce personnage si attachant depuis le début, c’est qu’il ne ressemble jamais au héros prodige classique. Il déborde d’énergie, de volonté, d’enthousiasme… mais il est encore loin du niveau qu’il imagine avoir. Dans ce volume, il connaît un moment essentiel : celui où il comprend que sa détermination seule ne suffira pas toujours. Pourtant, ce n’est pas présenté comme un échec humiliant. Au contraire, Terajima montre que grandir dans le sport passe justement par ces instants où l’on découvre que le talent, le travail et le mental ne progressent pas toujours au même rythme. Face à lui, Sanada et surtout Raichi apportent quelque chose de très intéressant. Raichi n’est pas seulement une machine à frapper. Il représente presque une force brute, instinctive, incontrôlable. Il joue avec une forme de plaisir sauvage qui contraste avec la pression qui pèse sur Seido. Son baseball paraît simple alors qu’il est redoutablement efficace. Cela rend le duel avec Sawamura particulièrement fort : ce n’est pas seulement un affrontement technique, c’est une confrontation entre deux façons d’habiter le terrain. Beaucoup de récits sportifs racontent le dépassement de soi comme une trajectoire continue. Ace of Diamond fait autre chose : il montre qu’on peut progresser énormément, et perdre quand même. Ce n’est pas une vision pessimiste du sport, au contraire. C’est une vision exigeante. Le terrain ne récompense pas les intentions mais ce qu’on est capable de produire ici et maintenant. Ce tome parle aussi beaucoup du collectif. Même si le duel lanceur-batteur est central, personne ne gagne seul et personne ne perd seul non plus.

VERDICT

-

Ce tome 7 est un excellent volume parce qu’il refuse les raccourcis émotionnels. Il offre du suspense, du sport et des moments très intenses, mais surtout il pose une pierre fondamentale dans la construction de Sawamura. Ce n’est pas encore le volume où il devient grand. C’est celui où il comprend tout ce qu’il lui reste à parcourir pour le devenir.

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