L'Ange Corse tome 2 : Opium
Plate-forme : Bande Dessinée
Date de sortie : 11 Mars 2026
Résumé | Test Complet
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Développeur :
Genre :
Bande dessinée
Multijoueur :
Non
Jouable via Internet :
Non
Test par

Redaction


8/10

Scénario : Loulou Dédola
Dessin : Luca Ferrara

Après un premier tome ("Exode") qui posait les bases de l'enfance du héros et les raisons de son exil, ce second opus accélère le rythme et plonge de plain-pied dans l'action. Nous sommes dans les années 1920. Le jeune Ange, ce garçon aux yeux bleus originaire du maquis corse, a été envoyé au bout du monde pour fuir une terrible vendetta après avoir vengé la mort de son tuteur. Recueilli à Saïgon par M. Maurizi, un riche planteur compatriote, Ange grandit dans une illusion relative avant de découvrir la face cachée de son bienfaiteur. Maurizi n'est pas seulement un propriétaire terrien : c'est un réseau de proxénétisme et un acteur majeur du trafic d'opium. Dans ce tome, Ange a désormais 18 ans. Fort de son instinct de survie et d'un apprentissage précoce des armes, il intègre l'organisation criminelle. Intrigué par ce "commerce" mortel, il s'initie aux secrets de fabrication de la drogue et observe les rouages d'une colonie gangrenée par l'argent. Mais l'étau se resserre : en difficulté financière, Maurizi fait appel à un puissant clan corse pour l'épauler... le clan même qui a juré la perte d'Ange. La vendetta traverse les océans, plaçant le protagoniste au centre d'un piège mortel.

Loulou Dedola déploie ici une intrigue dense et documentée. Le point fort du récit réside dans sa contextualisation de l'Indochine française, une société coloniale à l'agonie où se mêlent colons corrompus, fonctionnaires complaisants et pègre locale. Le scénario rappelle avec brio la réalité historique de l'époque, où le commerce de la drogue servait ouvertement à financer les infrastructures de l'Empire. Au-delà des salons de la haute société blanche, Dedola emmène le lecteur dans la vie cachée des autochtones. En sauvant une jeune Indochinoise des griffes d'un colon, Ange gagne le respect des locaux, offrant une dualité intéressante à son personnage (à la fois criminel en devenir et homme d'honneur face aux injustices). L'atmosphère rappelle les grands films de mafia à la Le Parrain, transposés dans la moiteur asiatique décrite par Lucien Bodard. La notion de fatalité et de "parole donnée" porte le récit. Le travail graphique de Luca Ferrara insuffle une véritable identité à cette série (prévue en 6 tomes et parrainée spirituellement par Philippe Francq). Les couleurs, gérées par Ferrara et Gloria Martinelli, jouent admirablement sur les contrastes. On passe de la lumière écrasante de Saïgon à la pénombre feutrée et mystique des fumeries d'opium. Dans les ruelles sombres, le découpage se fait nerveux. Les affrontements au couteau ou à l'arme à feu sont violents, crus, soulignant la dangerosité permanente dans laquelle évolue Ange. Le traitement du regard d'Ange, ange blond au milieu du chaos, accentue sa dualité entre candeur perdue et détermination froide.

VERDICT

-

"Opium" confirme l'ambition de cette saga historique. Loulou Dedola et Luca Ferrara signent un polar colonial captivant, violent et moralement complexe. Le destin d'Ange prend une tournure tragique et addictive qui donne cruellement envie de lire la suite.

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