Corsage
Plate-forme : Blu-Ray
Date de sortie : 19 Avril 2023
Résumé | Test Complet
Editeur :
Développeur :
Genre :
film
Multijoueur :
Non
Jouable via Internet :
Non
Test par

Redaction


7.5/10

Réalisé par Marie Kreutzer.

A Noël 1877, Elisabeth (Vicky Krieps), l'impératrice d'Autriche-Hongrie, fête son 40e anniversaire à Vienne. Elle semble malheureuse et repliée sur elle-même. En tant que femme de son époque, elle est déjà considérée comme âgée et elle enregistre avec attention si des remarques malveillantes sont faites sur sa jeunesse perdue et sa taille peut-être moins fine. Elle ne s'est jamais remise de la perte précoce de sa petite fille Sophie, et n'a qu'un intérêt spontané pour son fils Rudolf (Aaron Friesz) et sa fille Valerie (Rosa Hajjaj). Son mariage avec l'empereur François-Joseph (Florian Teichtmeister) s'est refroidi, Elisabeth est fatiguée de ses incessantes obligations de représentation. Mais son mari ne veut pas l'initier à sa politique, à laquelle elle s'intéresse. Elisabeth s'agite, part spontanément en voyage en 1878, par exemple en Angleterre. Là-bas, la cavalière passionnée rencontre le maître de chasse Bay (Colin Morgan) et sa sœur Marie (Lilly Marie Tschörtner) répand des rumeurs sur cette relation. Elisabeth ne veut plus jamais revoir sa sœur. Après une tentative de suicide, elle rend visite à son cousin, le roi de Bavière Louis II (Manuel Rubey), avec lequel elle s'entend bien. Mais son désir de sortir de son rôle grandit. Elle prend des mesures radicales.

L'impératrice autrichienne Elisabeth a très tôt occupé le monde du cinéma. On n'a pas oublié la trilogie "Sissi" avec Romy Schneider dans les années 1950. Au 21e siècle, les films racontent différemment la vie des monarques et des princesses, l'accent n'est plus mis sur la splendeur et l'idéalisation naïve, mais sur le malheur de celles qui sont prisonnières d'un rôle sans liberté. On peut citer par exemple "The Favourite - Intrigues et folie" de Yorgos Lanthimos sur la reine Anne d'Angleterre et sa cour au 18e siècle, ou "Spencer" de Pablo Larraín sur la princesse Diana. A l'instar de ces films, "Corsage" de la réalisatrice autrichienne Marie Kreutzer ("Was hat uns bloß so ruiniert") se veut moins un biopic qu'une empathie artistiquement condensée d'un point de vue contemporain. Chez Kreutzer, cette perspective signifie deux choses. La mission d'Elisabeth, être belle et représenter, est démontée de manière féministe. L'impératrice sportive aux intérêts multiples souffre de vieillir et de continuer à n'être rien d'autre qu'un décor, tandis que son mari s'occupe des choses importantes. Vicky Krieps joue cette femme fière et vulnérable comme si elle était pensive et la fait paraître de plus en plus absente. Mais comme Elisabeth est impératrice et non la personne la plus impuissante du monde, son ennui, cette attitude d'ennui blessé que le film lui impose, ne s'explique pas vraiment. Le fait que la véritable Elisabeth ait trouvé des champs d'activité gratifiants est passé sous silence. Cette perspective signifie en second lieu que la monarchie est dépeinte avec une grande volonté de style comme dépassée, tendant vers la décadence. Les châteaux peuvent avoir des pièces aux murs couverts de suie, dont la peinture s'écaille. Même le roi bavarois de conte de fées Louis II habite en partie dans des pièces qui n'ont jamais été aussi délabrées que ce que l'on imagine ici, afin de dégager un charme morbide. Mais les personnages parlent de façon moderne, ils disent "Tout va bien" ou "Tu te projettes". Une petite chanson pop mélancolique retentit, des ralentis et des flashbacks sont utilisés pour faire référence à un drame intérieur. Mais pour captiver, le film, esthétiquement tout à fait réussi, n'est pas assez radical, et pour émouvoir, pas assez proche de la réalité. La véritable Elisabeth était certainement beaucoup plus vivante et polyvalente pour ressembler au triste personnage que ce film déclare être.

VERDICT

-

La réalisatrice et scénariste autrichienne Marie Kreutzer donne une interprétation moderne de l'impératrice Elisabeth, selon laquelle, à l'âge de 40 ans, elle trouvait son rôle et son champ d'action malheureux et restrictif. En 1878, elle veut s'évader, voyage et refuse d'assumer ses tâches de représentation. Vicky Krieps l'interprète comme une femme fière, peu épanouie et qui s'enfonce dans la réflexion. La perspective féministe du film se double d'une volonté stylistique qui transforme les châteaux de l'époque en demi-ruines au charme morbide et renvoie à un éloignement de la réalité avec une prétention artistique.

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